Histoire

Les témoignages archéologiques que l'on possède sur la région d'Elgeta remontent au Néolithique et Énéolithique, mais l'authentique origine du bourg remonte au XIVe siècle après Jésus-Christ.
Le 13 septembre 1335, Alphonse XI de Castille rédige à Valladolid la "Carta Puebla " (Charte de Fondation), document par lequel il fonde le bourg d'Elgeta, sur les terres de Maya, et lui accorde le " fuero " de Vitoria, ainsi que toute une série d'autres privilèges dont n'allaient jouir que les habitants venant peupler le bourg d'Elgeta.
Au départ, les habitants du Bourg se heurtèrent à quelques difficultés dans l'application de la Carta Puebla et, le 20 août1338, le Roi Alphonse XI est obligé de publier à Guadalajara un autre document détaillant les possessions du bourg, comprises à l'intérieur des limites suivantes:
Larrasole, Sel de Asurtza, Agua de Arreta, Mojones de Iraegui, Mojón de Arrolaraz, Mojón de Idoizarraga, Egoarribia de Yuso, Sel de Ansola, en amont du fleuve Ego jusqu'à Berengárate, Ganeremendía et Agua Epela (Epelerreka).
Ce document ordonnait au " Merino Mayor " (Bailli) de Guipuzcoa, Ladrón de Guevara, d'établir les limites du bourg, afin que ses habitants puissent le peupler, y faire paître leurs troupeaux, y travailler la terre, etc...
Un an plus tard, le 26 août 1339, le maire d'Elgeta, Juan Garcia de Galarraga, décrète l'application de ce document par devant l' " Escribano Público " (Greffier Public) de Mondragón, Juan Ibañez.
Néanmoins, certains continuent encore à s'opposer à la démarcation et ce sera le Roi Henri II qui, devant les " Cortes de Toro " (Cour de Justice) du 15 Septembre 1371, rédige une " Real Cédula " (Brevet du Roi) , ordonnant à tous les habitants de la juridiction de respecter cette démarcation.
Le 16 Juin 1348, le quartier d'Oxirondo, voisin de Bergara, décide de se séparer d'Elgeta et de s'unir au bourg de Bergara. Elgeta s'impliqua activement dans les luttes factieuses de l'époque. Les Seigneurs d'Elgeta, " Parientes Mayores " (Principaux Alliés) de la faction des " Gamboinos", participèrent avec leurs troupes dans les incursions des terres des alentours, en particulier des communes voisines, alliées à la faction des " Oñacinos ". En 1446, le Seigneur et allié d'Elgeta, García de Elgeta, meurt au cours de l'un de ces combats. Deux ans plus tard, le 23 juin 1948, se produit l'événement le plus sanglant entre les deux factions (l'incendie de Mondragón ).

De nombreux habitants d'Elgeta participent à cet épisode belliqueux. À l'époque, deux familles se disputaient le contrôle de Mondragón. L'une appuyée par les Gamboinins, l'autre par les Oñaciens. Le 23 juin 1948, les Gamboinins, qui n'arrivaient pas à soumettre les Oñaciens, décident d'incendier le bourg. Les conséquences furent terribles et le sang coula à grands flots. A la suite de cet incendie, le Roi ordonne, en 1456, de détruire les Maisons-Tours des Principaux Alliés, qui furent, par ailleurs, chassés de leurs terres. En 1476, les habitants d'Elgeta luttent aux côtés du Roi Fernand le Catholique contre Luis XI de France, qui avait envahi Gipuzkoa et s'était allié avec le Portugal, en guerre avec l'Espagne.
A la fin du XVe siècle, Elgeta se lance dans un important procès contre Eibar, au sujet des limites de ses terres. Quelques années plus tard, la discussion concerne la place que doivent occuper leurs représentants respectifs dans les Juntas (Assemblées) provinciales et l'ordre d'émission du vote, accordant qu'Eibar se placerait à gauche du " Corregidor " (Maire nommé par le Roi) et Elgeta à droite, le représentant d'Eibar votant en premier lieu. La guerre des " Convencionales " (1793-1795) les touche de près, avec de graves conséquences pour Elgeta, économiques principalement, qui est obligé de vendre certaines terres communales pour faire face aux frais de guerre. Entre 1808 et 1814, Elgeta participe activement dans la Guerre d'Indépendance contre la France, ce qui l'oblige à hypothéquer l'argent de l'église et à vendre une partie de ses biens communaux, pour régler ses dettes de guerre.
Les guerres Carlistes du XIXe siècle accentuent davantage la crise financière de la ville. Elgeta, où Don Carlos prononça sa dernière harangue avant de partir pour la France, fut également la dernière à résister aux troupes Alphonsines, entre le Mont Intxorta et la chapelle de San Esteban (Saint-Étienne) . En 1927 se produit la séparation d'Ubera et Anguiozar, qui feront désormais partie de la ville de Bergara. Le 18 mai 1924, un important événement a lieu dans la ville d'Elgeta : la fondation de la Fédération Basque-Navarraise d'Alpinisme, avec comme Président M. Antxón Bandrés. Depuis cette date, Elgeta est étroitement liée à l'histoire de la montagne basque.
La guerre civile de 1936 dévasta la ville, étant donné que le front de guerre s'installa dans ses montagnes pendant 7 mois. La plupart des immeubles furent détruits par l'aviation et l'artillerie de l'armée nationale et les pertes humaines furent considérables. Les années d'après-guerre furent très dures, au niveau économique et industriel. Peu à peu, cependant, et grâce à l'esprit entrepreneur de ses habitants, Elgeta arrive à surmonter les difficultés. Dans les années 40, l'activité industrielle connaît un important développement et un grand essor, dont témoigne encore aujourd'hui le secteur industriel, mais que l'on constate également dans le domaine social et urbain.